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L’écrivain Edouard Glissant est mort

In For the Ancestors on February 3, 2011 at 7:25 pm

Raphaëlle Rerolle, Le Monde

Chantre éloquent de la diversité et du métissage, le grand écrivain antillais Edouard Glissant est mort le 3 février, à Paris, à l’âge de 82 ans. Poète, romancier, essayiste, auteur dramatique et penseur de la “créolisation”, il était né à Sainte-Marie (Martinique) le 21 septembre 1928 et avait suivi des études de philosophie et d’ethnologie, à Paris.Le prix Renaudot attribué, en 1958, à son roman La Lézarde, fit connaître du grand public cet intellectuel qui ne sépara jamais sa création littéraire d’une réflexion militante. Influencé par la philosophie de Gilles Deleuze et Félix Guattari, il a fait une utilisation politique de l’histoire et de la géographie des Caraïbes, manifestant sa révolte contre les racismes de toutes sortes et rappelant la tâche indélébile de l’esclavagisme sur les relations de la France avec l’Afrique et tout “l’outre-mer”.

S’opposant à tout système imposé, à tout refus de l’autre, Edouard Glissant a été le chantre du métissage et de l’échange, formulant dans les essais regroupés au sein de la série “Poétique” sa thèse sur la “Philosophie de la relation” et la “Poétique du divers”. Lui-même a refusé de s’enfermer dans un genre unique, circulant en permanence entre le roman, l’essai et le poème, y compris au sein de chaque ouvrage.

DES ROMANS ORIENTÉS VERS L’IMAGINAIRE

Edouard Glissant, qui entretenait des relations à la fois respectueuses et conflictuelles avec Aimé Césaire, l’autre grande personnalité du monde antillais, a aussi manifesté son souci de la filiation littéraire, à travers des écrivains et “disciples” tels que Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant ou Ernest Pépin.

Ses romans, du Quatrième siècle (Seuil, 1965) à Ormerod (Gallimard, 2003), sont orientés vers un monde imaginaire et mythique, loin de tout naturalisme, mais aussi du pittoresque propre à certains romanciers antillais.

Après avoir créé, en Martinique, un centre de recherche et d’enseignement, ainsi qu’une revue baptisée Acoma, Edouard Glissant avait fondé, à Paris, un Institut du Tout-monde, destiné à mettre en pratique ses principes humanistes et à permettre la diffusion de “l’extraordinaire diversité des imaginaires des peuples”.

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